Ø
Nous
sommes tous porteurs d’un trésor le plus souvent enfoui au fond de nous :
les émotions, qui, en même temps qu’elles servent à protéger la vie, nous
permettent de ressentir la vie de mille et une manières. Malheureusement, ce
trésor, par nécessité de nous protéger contre la souffrance, a été profondément
enfoui au fond de nous. Ces émotions, nous le verrons, ont un lien étroit avec
l’estime de soi.
Ø Distinguer émotions et sentiments :
- les émotions sont des réactions affectives relativement fortes,
et normalement de courte durée, en réaction à un événement, et qui impliquent
des réactions d’ordre physiologique.
- Les sentiments sont des
réactions affectives beaucoup plus durables, stables, qui peuvent persister même
en l’absence de stimulation : amour, haine, bonheur, paix
Ø Les émotions exprimées normalement, les émotions authentiques, sont nécessaires à la survie. Y. A.Thalmann : « Les émotions se manifestent dans notre corps par l’accélération des rythmes cardiaque et respiratoire. Ce faisant, elles préparent l’organisme à l’action. Elles le poussent en quelque sorte à agir. Elles ont donc également une fonction motivationnelle. (…) Les émotions nous aident à prendre soin de nos besoins. » (Vos émotions, amies ou ennemies, p. 25)
- Les émotions sont ce qui nous dynamise, nous donne de l’élan ; c’est l’énergie vitale nécessaire au bon fonctionnement de notre être[MM1].
- Si je marche au bord d’un ravin et que je fais un faux pas, il est normal que j’éprouve un sentiment de peur.
- Si quelqu’un détruit par négligence un travail que j’ai réalisé pendant plusieurs mois, il est normal que j’éprouve un sentiment de colère.
- Lorsque mon (ma) meilleur ami me quitte après un Week-end passé ensemble, il est normal que j’éprouve un sentiment de tristesse.
- Si je viens de réussir un examen important, je devais éprouver spontanément de la joie, du plaisir.
Ø On peut classer les émotions en 4 grandes catégories : peur,
colère, tristesse, joie. Chacune de ces émotions a une fonction vitale (pour la vie)
-
la peur nous avertit d’un danger,
et nous fait nous en protéger = un voyant rouge ; elle est normalement tournée
vers présent ou le futur.
- la colère elle permet d’affronter la menace, l’injustice, de réagir ; elle vise à réagir face à une situation d’injustice.
-
La tristesse
permet de nous adapter à une perte. Elle vise à restructurer sa vie
en fonction de la perte, elle participe au processus de deuil. Elle
devrait nous faire accepter peu à peu ce qui ne peut être changé[MM2]. La tristesse est normalement tournée
vers le passé.
- La joie est ce qui donne du goût à la vie, qui la rend agréable. Elle permet un mouvement d’ouverture, d’aller vers… Elle est un moteur, un élan relationnel. Elle permet de faire des choses que nous n’aurions pas le courage d’entreprendre autrement[MM3].
Ø
Une
notion très importante, celle d’élimination émotionnelle : Selon O. Nunge,
« l’élimination émotionnelle est aussi importante que
l’élimination physique. (…) Nous apprenons à l’enfant à ne pas uriner n’importe
où mais nous ne l’empêchons pas d’uriner, car les conséquences seraient
mortelles. » (Gérer ses émotions, p 36-37) De même, nous devons
laisser s’exprimer nos émotions, mais pas n’importe comment.
Ø Il y a une loi de conservation de l’énergie qui dit que l’énergie ne se perd pas, elle peut seulement être transformée (cf. Einstein : dans l’univers, rien ne se gagne, rien ne se perd, mais tout se transforme[MM4]) Toute l’énergie liée à une émotion inexprimée ou refoulée cherche continuellement à se libérer par elle-même[MM5].
Selon l’étymologie même, les émotions doivent
pouvoir être extériorisées : « Réprimer nos émotions est
nocif. Comme leur nom l’indique (émotion vient du latin ex movere,
qui signifie se mouvoir hors de), celles-ci doivent pouvoir être extériorisées.
L’énergie qu’elles mobilisent à l’intérieur de notre corps doit être dépensée.
Mais décharger sans réserve nos émotions n’est pas recommandé non plus. (…) Les
émotions exprimées sans retenue sont souvent violentes et blessantes pour les
autres. » (Y.-A. Thalmann,
Vos émotions, p. 61)
Ø Malheureusement, si par l’éducation, par des circonstances de la vie,
ces émotions n’ont pas eu le droit d’être, nous avons appris à les exprimer
d’une autre façon, d’une façon qui est tolérée ; on parle alors d’émotions
trafiquées. Souvent, nous substituons
une émotion (inacceptable) à une autre (plus acceptable). Ceci est néfaste
aussi bien pour nous-mêmes que pour notre entourage[MM6]. Olivier Nunge :
« Tout ce qui ne s’exprime pas s’imprime. Tout ce qui est imprimé
cherche à s’exprimer » (Gérer ses émotions, p. 36)
Ø Lorsque nous sommes enfants, nous subissons un véritable dressage à l’émotion. Nous avons appris les émotions permises ou non.
-
La peur : peur qui devrait être présente et qui ne l’est
plus Un garçon qui est éduqué dans une famille où
la peur n’a pas le droit d’être, parce qu’un garçon, ça n’a pas peur, en
arrivera à être un imprudent, par exemple dans des pratiques sportives en haute
montagne, en motocyclette ou au volant.
Peur qui n’a pas sa raison d’être : anxiété, phobies, cf. plus loin
- Lorsque la colère n’a pas le droit de s’exprimer, elle devient de la tristesse, angoisse, anxiété, culpabilité (colère retournée contre soi), dépression. Exemple : si étant petit, lorsque l’on me refusait quelque chose, je me mettais en colère, ma mère réagissait en me rabrouant, alors que si j’étais triste à en fendre l’âme, elle répondait à mon attente, je peux aujourd’hui réagir par la tristesse plutôt que par la colère, substituant une émotion à une autre. Ou [MM7]inversement :
- La tristesse peut être trafiquée en colère : je peux avoir appris, par la colère, à faire revenir l’objet perdu : exemple de l’enfant qui crie, se met en colère… Aujourd’hui encore, lorsque je subis une perte, je peux réagir par la colère au lieu de la tristesse, croyant ainsi pouvoir faire revenir l’objet perdu. L’anxiété, qui est un blocage dans la peur, est souvent la défense contre la colère, si l’on m’a appris à ne pas laisser s’exprimer celle-ci.
-
A la joie peut se substituer la culpabilité,
l’angoisse : L’enfant à qui, lors d’une réussite, les parents
disaient : «Quoi, tu as
seulement 5 ! Tu aurais pu
faire mieux, ton frère a faisait mieux que toi » Celui à qui l’on
faisait toujours remarquer le manque, le vase à moitié vide, celui qui ne
recevait jamais une parole d’encouragement ou de valorisation, n’arrivera plus
à se réjouir de ses succès. Au contraire, ces succès deviendront source de peur, d’angoisse, de culpabilité.
Ø
Les émotions normales, une
fois la situation qui les provoque passée, disparaissent
normalement. Si elles ne disparaissent pas, si nous nous bloquons dans une
émotion, c’est soit qu’elle en cache une autre, autrement dit qu’il s’agit
d’une émotion dysfonctionnelle. (cf. Nunge, Gérer ses émotions, p. 88) Ainsi, il se
peut que je n’arrive plus à sortir de la tristesse après une
grave injustice, car je ne m’autorise pas à éprouver de la colère contre son
auteur. La caractéristique des émotions trafiquées ou refoulées : on n’en
sort pas[MM8]…
Ø
Les
émotions peuvent être trafiquées, mais aussi, lorsque la souffrance qu’elles
occasionnent est trop forte, elles peuvent êtres refoulées, c'est à dire
évacuées du champ de la conscience.
Ø Oliver Nunge : « Depuis notre enfance, nous nous cuirassons contre les souffrances ou les blessures que nous avons vécues dans notre environnement familial. Aujourd’hui, chaque fois que nous craignons de recevoir une blessure émotionnelle, tel une huître, nous nous retirons dans notre coquille, nous dressons une véritable carapace pour empêcher "l’ennemi" de passer. Le problème, c’est que même l’ami ne peut plus nous y rejoindre. Cette coupure avec les autres entraîne une coupure avec nous-mêmes et avec la vie, ce qui génère beaucoup de souffrances. » [MM9](Gérer ses émotions, p. 9)
Ø Ce refoulement, s’il protège de la souffrance, anesthésie toute capacité à ressentir quoi que ce soit. Occasionnellement, certaines émotions douloureuses surgissent des profondeurs du cœur et font irruption dans le présent d’une manière violente : cela se manifeste comme un volcan, un envahissement d’émotion fortes, non contrôlables, disproportionnés par rapport à la situation présente.
Ø Elie Wiesel :
« Lorsqu’un individu réprime ou
refoule certaines choses, alors celles-ci reviennent plus tard avec une
violence extrême [et destructrice] (…) C’est même pour cette raison-là,
thérapeutique si j’ose dire, qui faut se ressouvenir » et ressentir (Le Mal, p. 199. Cité in Lytta Basset, Le pouvoir de pardonner, p. 253)
Ø Laisser tomber nos défenses
et retrouver l’enfant blessé en soi permet d’entrer en contact avec nos
anciennes émotions refoulées.
Ø
La colère
est une émotion vitale, mais seulement lorsqu’elle est réellement rattachée à
un événement présent. Lorsqu’elle est de fait rattachée à un événement ancien,
lorsqu’il s’agit d’une colère ancienne refoulée qui ressurgit sur une cible
présente, c’est alors une colère dysfonctionnelle.
Quelqu’un qui est coléreux en permanence est quelqu’un qui n’a reçu l’amour
inconditionnel dont il avait besoin en tant qu’enfant, qui n’a pas pu être ce
qu’il était réellement. Quelqu’un qui a subi la violence, physique ou morale
(silence, absence de regard, absence de gestes d’affection, dévalorisation).
Quelqu’un dont les émotions ont été réprimées.
En ne lui permettant pas
d’être ce qu’il était profondément, les parents tuent le moi profond de
l’enfant.
Il en résulte une immense colère de la part de l’enfant, car la colère a
précisément pour fonction de préserver la vie. Comme cette colère ne peut s’exprimer contre les parents, elle va
s’exprimer de manière dysfonctionnelle, de manière déviée, en s’orientant vers
des objets de substitution ou « objets symboles ».
Celui qui a des accès de colère quotidiens, irraisonnés, disproportionnés, est très
probablement victime d’un passé qui se rejoue dans le présent. Il s’agit de
colères symboles qui se reportent sur l’épouse, les enfants, les collègues de
travail, les frères et sœurs de la communauté.
Ø
La colère refoulée est cause de
dépression : P.
Meier : « Toutes les dépressions n’ont pas la
même cause, bien que dans la grande majorité des cas on trouve, à la base, de
la colère refoulée et retournée contre soi-même. »
(La dépression, p. 161)
Ø
La
colère est fortement liée à la honte, au sentiment de ne compter pour rien, d’être moins que rien, de ne pas
exister ; au sentiment qu’on se moque de nous. Quelqu’un qui est
fréquemment en colère est quelqu’un qui a éprouvé et qui éprouve encore
beaucoup de honte (le plus souvent masquée). Quelqu’un dont l’estime de soi a
été atteinte.
Ø
Par
exemple, une personne qui,
lorsqu’elle est critiquée, interrompue, pas prise au sérieux, réagit par de
violentes colères, est probablement quelqu’un qui ne comptait pas vraiment pour
ses parents, qui avait le sentiment de ne pas exister, et qui a alors rentré sa
colère. Cette colère se dirige aujourd’hui contre des cibles de substitution.
Le problème de la colère, comme des autres émotions de base, c’est que,
lorsqu’elle n’est pas connectée à son objet réel initial, va se reporter sur
des cibles de substitution présentes, et ces cibles deviennent en quelque sorte
les boucs émissaires de mes problèmes passés.
Ø
Par
exemple, si je suis ennuyé et
irrité parce qu’on me rend la machine que j’avais fait réparer dans le même
état que lorsque je l’avais donnée, j’ai une réaction normale. Si je réagis par
une forte colère, avec une envie de tout casser, en ayant le sentiment de ne
pas être pris au sérieux, de ne compter pour rien, je réactive probablement
dans le présent mes colères rentrées face à mes parents pour qui je n’existais
pas vraiment, qui ne prenaient pas au sérieux.
Ø
Cela
peut être que je me mets en
colère chaque fois qu’on me fait attendre, si peu que ce soit. Ne suis-je pas
justement l’enfant que ses parents ont toujours fait attendre, qui passait
toujours après d’autres choses plus importantes ? Plus tard, dans la vie,
tout ce qui me rappelle ce peu d’attention de mes parents peut déclencher une
colère largement hors de proportion avec le motif apparent.
Ø Une peur est normalement tournée vers le futur,
pour nous prévenir d’un danger. Lorsqu’elle est rattachée à un événement passé, c’est une peur dysfonctionnelle. Elle
devient alors anxiété, angoisse, phobie, ou contre-phobie, dépression.
V. Janov :
« Une peur actuelle,
persistante, mais apparemment irrationnelle, est en général une manifestation
d’une peur plus ancienne et souvent plus profonde. C’est une peur de ce
temps-là, et non de maintenant. » (Le cri primal, p. 404) La vraie peur est la peur
primale, originelle, la plus profonde.
Ø V.
Janov : « L’anxiété est la peur que l’on ressent mais
que l’on n’identifie pas exactement. » (Le
cri primal, p. 51) Elle semble porter sur un objet présent, mais celui-ci
n’est que le réactivateur dune peur passée qui n’est pas consciente. La
réaction face au vide en montagne, face à un danger réel c’est la peur. La peur
permanente de la possibilité de perdre son emploi, c’est de l’anxiété[MM10].
Ø Selon V. Janov, l’anxiété, la peur dysfonctionnelle « est toujours fondée sur la peur de ne pas être aimé. »
(Ibidem) A l’origine, il y avait la peur de ne pas être aimé par ses parents,
de perdre leur affection. Pour ne pas perdre cet amour, l’enfant essaie d’être
ce qu’ils veulent, ce qu’ils attendent de lui. Il se construit ainsi une
personnalité, un faux moi, qui masque sa vraie identité. Par la suite, tout ce
qui semblera remettre en cause ce faux moi, et qui signifierait qu’il risque de
perdre l’amour de ses proches, provoquera de l’anxiété. L’anxiété est la peur
de ne pas être ce que mes parents attendaient de moi, ce que mon entourage
attend de moi. L’anxiété est toujours fondée sur la peur de ne pas être aimé.
Ø La peur ancienne, lorsqu’elle n’est pas
identifiée comme telle, va se porter sur des objets présents qui symbolisent
la peur réelle. Ainsi, la personne qui a eu le sentiment d’être écrasé par
ses parents pourra avoir peur d’être enfermé dans des espaces restreints, par
exemple dans un ascenseur. Celui qui s’est senti négligé et abandonné par ses
parents pourra avoir peur d’être seul, ou peur des vastes étendues où il
pourrait s’égarer et se sentir perdu. (cf. Janov,
Le cri primal, p. 405) Celui
qui a été étouffé par ses parents, qui se sentait comme pris dans les mailles
d’un filet, pourra avoir peur des araignées.
Ø Aussi bien dans la peur que la
colère dysfonctionnelles, j’essaie à travers une réaction présente de
satisfaire un besoin passé.
Ø R.-L. Solomon a fait une expérience avec des
chiens qui illustre la notion de choc pendant la petite enfance. On a mis des
chiens dans des cages où ils pouvaient s’échapper, et on leur a envoyé des
décharges électriques. Les premiers chiens n’avaient pas de harnais et
apprenaient très vite à sauter par dessus les barreaux de la cage pour
s’échapper. Les seconds étaient maintenus par un harnais, et ne pouvaient pas
s’échapper. Ce qui est étonnant dans ce deuxième cas, c’est que les chiens,
même quand par la suite on leur ôtait le harnais, ne cherchaient pas à
s’échapper.
Ø
V. Janov commente cette expérience : « A
bien des égards, le jeune enfant est mis dans le harnais d’une situation
traumatisante à laquelle il ne peut échapper et dans laquelle il est aussi
impuissant que ces chiens attachés. » (Le cri primal, p. 57) Par la suite, en étant plus âgé, il
continuera à avoir les mêmes réactions, comme s’il avait toujours ce harnais
(le harnais des émotions anciennes refoulées, le harnais qui l’empêche d’être
lui-même.)
Ø
Certains
psychothérapeutes ont appelé ce type de comportement syndrome d’impuissance
acquise : ce qui nous enferme (nos éducateurs) n’est plus là ;
néanmoins, nous continuons à avoir le même comportement que si nous étions enfermés[MM11].
Ø Pour retrouver ces
énergies vitales, pour laisser tomber ce harnais que de fait nous ne portons
plus, nous sommes appelés à nous réapproprier nos émotions refoulées ou
trafiquées. D’une part, en apprenant à les ressentir et à les nommer. D’autre
part en essayant de repérer ce qui est la cause de refoulement ou
de « trafiquage » d’émotions.
Ø Tant que mes émotions ne
sont pas rapportées à leur vraie cause, en général passées, elles vont se
reporter sur des objets de substitution présents, des personnes de substitution,
des « objets symbole ».
Michel
Maret, Communauté du Cénacle au Pré-de-Sauges
[MM1]Les émotions « sont cette "énergie qui nous met en mouvement", comparable à l’essence qui fait avancer la voiture. » (J. Bradshaw, Retrouver l’enfant, p. 101)
[MM2]« La tristesse sert à nous faire accepter progressivement ce qui ne peut être changé ». « Notre besoin dans ce cas est d’être consolé » (Nunge 43).
[MM3]« La joie sert à partager avec les autres, à faire circuler un flux d’énergie, de vitalité » (Nunge 59)
[MM4] Cf. Janov 52
[MM5] Cf. Bradshaw 36
Ø [MM6]« Nous exprimons souvent
nos sentiments (le "senti qui ment") de manière trafiquée, abîmée,
voire dangereuse pour nous-mêmes, comme pour les autres » (Nunge, p. 15
Souvent, « nous mélangeons et nous nous mélangeons dans les émotions » (Nunge 67).
[MM7]O. Nunge :
« Nous pouvons considérer
l’anxiété c'est à dire le blocage dans la peur, comme une défense contre le
contact avec la colère, si celle-ci n’était pas admise dans notre milieu
d’origine. » » (Gérer ses émotions, p. 68)
[MM8] Olivier Nunge « Tout ce qui ne s’exprime pas s’imprime. Tout ce qui est imprimé cherche à s’exprimer » (Gérer ses émotions, p. 36)
[MM9] Gérer ses émotions, p. 9.
[MM10]V.
Janov illustre
cela par une belle image: « La
réaction devant un camion qui nous fonce dessus, c’est la peur ; le
sentiment qu’un camion pourrait nous foncer dessus, c’est l’anxiété. »
(Op. cit., p. 56)
[MM11]« Quand un enfant pleure parce qu’il a faim et qu’il n’y a personne autour de lui pour lui donner à manger, ses pleurs deviennent une réaction inutile, qui sera abandonnée avec le temps pour la simple raison qu’elle s’est avérée impuissante à modifier une situation douloureuse ou inconfortable. » (op. cit., p. 57-58) Il peut s’agir de la faim physiologique, ou de la faim d’amour.