Ø
Est-ce
que je suis libre de respirer ou pas ? Est-ce que je suis libre de subir
ou pas les lois de la gravitation et toutes les lois physiques ? Idem pour
les lois biologiques…
Ø Il y a un nombre important de
déterminismes pour lesquels je ne peux que faire avec, je n’ai pas le choix.
Donc ma liberté se situe dans un cadre, et elle ne consiste pas à vouloir
éliminer le cadre. Elle ne sera jamais qu’une liberté relative.
Ø
Je
reste marqué par tout le vécu de mon existence, en partie durant mon enfance.
Dans certains niveaux de ma personnalité, je n’ai pas été structuré de façon
libérante. Je suis le résultat d’une éducation, de toute une vie. Tout cela
reste imprimé en moi.
Ø
Beaucoup d’occidentaux croient vivre en toute liberté,
mais reproduisent inconsciemment les modèles et schémas acquis des parents,
transmis par le contexte culturel, la publicité, les médias, même si
consciemment ils veulent s’en distancier…. L’être humain subit de multiples
déterminismes, conditionnements : conditionnements biologiques,
psychologiques, socio-culturels, le poids du passé et de l'éducation, la
culture, les pressions sociales ou idéologiques, la publicité, les média… Mes
choix et mes goûts sont en partie dictés par tous ces déterminismes.
Exemple : J’ai fait librement le
choix d’entrer dans une communauté religieuse catholique ; mais si j’étais
né en Inde, je serais peut-être moine bouddhiste. J’ai fait librement le choix
de tel métier. Mais si j’étais né dans un autre continent, dans une autre
famille, j’aurais probablement fait un autre choix.
Ø
Face à
tous ces déterminismes, des penseurs en déduisent que l’homme ne
serait absolument pas libre. Pour le philosophe Spinoza, par exemple, « tout homme est entièrement
déterminé dans ses moindres actions et la science peut se donner pour objectif
de mettre à jour toutes les déterminations cachées » (Ariane Poulantzas, in Science et vie)
Ø Où est ma liberté dans tout cela ? On a déjà eu une amorce de réponse tout à l’heure : ma liberté ne sera jamais que relative : elle se situe dans un cadre, à partir du moment où je le connais, à partir du moment où je connais ces déterminismes, et que, malgré eux, je vais quand même là où je veux aller dans ma vie..
Ø
Donc,
pour résumer, entre deux thèses extrêmes : je suis 100 % libre – je ne suis pas du
tout libre ; il y a une voie médiane : j’ai une liberté relative, qui
s’insère dans un cadre, qui n’est pas donnée d’emblée, mais qui est à construire.
Ø
Gn
1, 26-27 :
« Dieu dit : "Faisons l’homme à notre image, comme notre
ressemblance … Dieu créa l’homme à son
image, à l’image de Dieu il le créa. »
Ø
L’homme
est la seule créature créée à l’image de Dieu.
Pour comprendre la force de cette affirmation, il faut se rappeler que
les représentations de Dieu étaient interdites dans l’AT. L’être humain est
la seule image de Dieu autorisée dans l’AT.
Ø
A
relever qu’en grec, image se dit eikhôn. L’homme est ainsi l’icône de Dieu. Selon Grégoire de Nysse, un Père de l’Église,
l’homme est une miniaturisation de Dieu.
Ø
Ps
8, 6-7 : « A
peine fis-tu l’homme un peu moindre qu’un Dieu ; tu l’as couronné de
gloire et de beauté, pour qu’il domine sur les œuvres de tes mains ; tout
fut mis par toi sous ses pieds. »
Ø
Un
document du Concile qui parle de la grandeur de la liberté humaine : GS
17 : « La vraie liberté est en l’homme un signe privilégié de
l’image divine. Car Dieu a voulu le "laisser à son
propre conseil" pour qu’il puisse de lui-même chercher son Créateur et, en
adhérant librement à Lui, s’achever ainsi dans une bienheureuse plénitude. La
dignité de l’homme exige donc qu’il agisse selon un choix conscient et libre,
mû et déterminé par une conviction personnelle, et non sous le seul effet de
poussées instinctives ou d’une contrainte extérieure. L’homme parvient à cette
dignité lorsque, se délivrant de toute servitude des passions, par le choix
libre du bien, il marche vers sa destinée et prend soin de s’en procurer
réellement les moyens par son ingéniosité. »
Ø La liberté de
l’être humain découle de cette incroyable dignité. La vraie liberté est en
l’homme un signe privilégié de l’image divine : Selon les Pères
de l’Église, ce qui rend l’homme le plus semblable à Dieu, c’est la
liberté. Ce qui
fait la différence entre l’être humain et l’animal, l’élément qui le constitue
à l’image de Dieu, c’est cette liberté. Là où l’animal agit par instinct,
l’homme peut agir par liberté, selon un choix conscient et responsable.
Ø
J.-L. Bruguès : « Il faut, en quelque sorte, que
l’homme se montre à la hauteur de sa propre dignité. Il le fait quand il pose
des actes libres »
(Précis, 2 II, p. 125)
Ø
Jean-Paul Sartre disait
que « nous sommes condamnés à être libres » c'est à dire
responsables de nos actes.
Le père Barthélémy avait donné une conférence
intitulée : Un peuple condamné à la liberté. La liberté est une
dimension fondamentale du Christianisme. En tant que chrétiens, nous avons
pour vocation la liberté.
Ø
L’acte
fondateur du judaïsme est une libération : la libération du peuple hébreu esclave
en Égypte. Libération qui est la préfiguration de celle qu’accomplira le
Christ, qui vient nous libérer du péché, du mal et de tout ce qui nous aliène. L’acte
fondateur du Christianisme est une libération : la Passion, la mort et
la résurrection du Christ.
Ø Luc 4 : Au début de son ministère à Nazareth, Jésus s’approprie les paroles du prophète Isaïe, et met son ministère sous le signe de la libération : « L’Esprit du Seigneur est sur moi parce qu’il m’a consacré par l’onction pour annoncer la Bonne Nouvelle aux pauvres. Il m’a envoyé annoncer aux captifs la délivrance, et aux aveugles le retour à la vue, libérer les prisonniers ””. Il leur dit ensuite: “ Aujourd’hui s’accomplit à vos oreilles ce passage de l’Écriture ”.
Ø Suite à ce discours inaugural, Jésus fait toute une série de guérisons : il libère les personnes de leurs maladies, de leurs handicaps, et du mal. La mission de Jésus est de libérer dans tous les sens du terme : relever, guérir, amener à la lumière, redonner vie, pardonner.
Ø
Il est venu pour que nous donner la vie, et pour que nous l’ayons en
abondance. Il est venu pour que
nous soyons vraiment libres, pour que nous soyons pleinement ce que nous sommes
appelés à être, pleinement image de Dieu. Il est venu nous libérer de tout ce
qui nous aliène, ce qui nous paralyse, tout ce qui entrave la vie.
Ø Le texte du NT où le thème de la liberté est le plus développé, est l'Epître aux Galates qui peut être considérée comme la charte de la liberté chrétienne.
Ø Ga 5, 1 : « C’est pour que nous
soyons vraiment libres que le Christ nous a libérés. »
Ø
Ga 5, 13 : « C’est à la liberté que
vous avez été appelés. Mais que cette liberté ne se tourne pas en prétexte pour
la chair. Mais par la charité, mettez-vous au service les uns des autres. »
Littéralement, « par l'agapè, soyez esclaves les uns des autres".
La vocation de l'homme à la liberté est une vocation à l'amour.
La liberté chrétienne n'est donc pas un individualisme. Elle est
affranchissement des tendances égoïstes de l'homme, elle libère les forces
vives et créatrices de l'être humain. Elle est libération d'un dynamisme
que Dieu a mis en l'homme en vue d'une entraide fraternelle. Elle est le fruit
de la libération apportée par Jésus Christ, et de l'Esprit créateur et libérateur
qui délivre l'être humain de tout ce qui l'aliène. Le critère de la liberté
est l'amour, qui, lorsqu’il est
bien éclairé, est toujours libérateur.
Ø
Paul présente dans la lettre aux Galates la liberté
comme un appel, une vocation. La vocation des chrétiens, c’est d’être
libres (être des libérés et des libérateurs). On pourrait dire que la liberté
correspond à une attente, une aspiration profonde qui habite le cœur de
l'homme. Attente répondant précisément à ce à quoi Dieu appelle l'homme. "La
gloire de Dieu, c'est l'homme vivant" disait St Irénée. Ce qui en
langage paulinien pourrait être formulé: « La gloire de Dieu c’est
l’homme libre" »
Ø
L'être humain est libre pour aimer, libre pour
créer, libre pour construire un monde de justice et de paix, libre pour faire
croître la vie, libre pour libérer.
Nelson Mandela : « Je
ne suis pas vraiment libre si je prive
quelqu’un d’autre de sa liberté (…) Être libre, ce n’est pas seulement se
débarrasser de ses chaînes ; c’est vivre d’une façon qui respecte et renforce
la liberté des autres »
Ø La liberté chrétienne pourrait être définie comme une marche dans le dynamisme de l'Esprit (cf. Ga 5, 16.25).
L'Esprit
est ici un dynamisme, une force, un élan de vie intérieur qui oriente
vers l'amour, et qui permet à l'homme d'accomplir le bien qu'il veut faire.
Ø
St Augustin
avait cette belle formule : "Aime et ce que tu veux fais-le"
[1].
Cette maxime, souvent mal interprétée, pourrait être exprimée ainsi: "aime
authentiquement, et alors tu seras libre". Ce n'est pas une liberté
"à l'eau de rose", qui se vivrait sans combat; elle reste une liberté
toujours à défendre, c'est le sens de l'impératif de Paul en Ga 5,1:
"Tenez donc ferme et ne vous laissez pas remettre sous le joug de
l'esclavage".
Ø
St Paul dit en 2 Co 3,17: « Là où est
l'Esprit du Seigneur, là est la liberté". L’Esprit de Dieu est un Esprit libérateur. Saint Augustin avait encore cette autre merveilleuse
formule: "La liberté est une volupté ... Que Dieu t'enchante et te
voilà libre".
Ø
Une
illusion face à la liberté est de faire de celle-ci une réalité extérieure et non pas
intérieure. Le plus
souvent, nous avons l’impression que ce qui limite notre liberté, ce sont les
circonstances, ce sont les divers conditionnements qui nous affectent :
physiologiques, santé, psychisme, blessures du cœur, le contexte familial,
social, le milieu de travail, les personnes que nous côtoyons, que nous avons
plus ou moins de peine à supporter. Pour être libre, il faudrait éliminer ces
conditionnements, ces limitations.
Cette façon de concevoir la liberté
est en partie illusoire. Il est vrai qu’il y a parfois certains conditionnements à changer pour
avancer dans la vie. Mais néanmoins, notre liberté ne doit pas se fonder sur
cette absence de conditionnements, car alors, nous risquons de ne jamais être
libres, d’être toujours malheureux. Car nous trouverons toujours des
conditionnements, des limites dans la vie. Notre liberté doit se situer à un
autre niveau.
Ø
Témoignage
A. Soljenitsyne :
Lorsqu’il était en détention dans le Goulag, un de ses chefs lui a demandé de
collaborer pour la mise en œuvre d’un travail, et Soljenitsyne a refusé.
Son chef lui a demandé s’il savait ce qu’il faisait, car il pouvait faire de
lui ce qu’il voulait, et même le mettre à mort. Soljenitsyne lui a dit que
lui, le chef, avait tout à perdre dans cette situation, car si le travail ne se
réalisait pas, il risquait de perdre son poste et même d’être envoyé au Goulag.
Mais lui, Soljenitsyne, n’avait plus rien à perdre.
Ø
Souvent,
un élément extérieur semble faire obstacle à notre liberté, mais en réalité,
c’est en nous que se situe l’obstacle à la liberté. 2 Co 6, 12 :
« Ce n’est pas chez nous que vous êtes à l’étroit, c’est dans votre
cœur que vous êtes à l’étroit. » (cf. J. Philippe , La liberté, p. 16-19)
Cette parole biblique se vérifie d’ailleurs au plan
psychologique. P. Ide dit que «l’événement présent prétendu traumatisant
est beaucoup plus une occasion qu’une cause. » (Mieux
se connaître, p. 202) « A l’occasion d’un traumatisme présent se
réactives les attitudes blessées du passé. » (op. cit.,, p.
201) « La grande illusion du mariage est de croire que les difficultés
présentes qui demandent des solutions présentes n’ont que des causes présentes. »
(op. cit., p. 228) « Si j’osais avancer une hypothèse, je dirais
volontiers que dans les disputes de couple (je parle de couples qui se sont
choisis et qui s’aiment), 90 % viennent de l’histoire passée qui se rejoue dans
le présent. » (op. cit., p.
227)
Schéma : Incident présent + événements passé =
réaction présente disproportionnée
Ce qui laisse suspecter qu’il y a quelque chose caché
derrière l’incident présent : la disproportion, la démesure
affective : ma réaction affective (colère) est sans commune mesure
avec l’incident présent, elle est disproportionnée. P. Ide : « La démesure du sentiment trahit ou
traduit la blessure. » (op.
cit., p. 227)
Donc, la grande partie des problèmes lors de conflits se
situent d’abord à l’intérieur de moi, l’incident présent n’est que le
réactivateur des blessures passées. Pour avancer dans le chemin de la
liberté, je dois prendre conscience de cela.
Ø
Grün, Conquérir sa liberté, p. 81 : « Plus je vais de l’extérieur vers l’intérieur,
plus je deviens libre vis-à-vis du monde extérieur. »
Ø Nous sommes attirés par certaines gens. D’autres nous inspirent un sentiment de répulsion, et de peur (plus ou moins conscient).
Ø « D’un point de vue purement psychologique, nous avons fondamentalement besoin d’avoir une image positive de nous-mêmes, c'est pourquoi nous recherchons l’appréciation et l’approbation de ceux qui nous entourent. » (J. Vanier, Accueillir notre humanité, p. 144) Nous recherchons donc les personnes qui nous renvoient une image de nous-mêmes valorisante.
« En revanche, nous
fuyons aussi instinctivement que nous respirons ceux qui réveillent en nous des
sentiments d’impuissance, d’angoisse, de non valeur, ceux qui nous font sentir
que nous ne sommes " rien" » (Op. cit. p.
144-145) Vis-à-vis de ces personnes, nous nous protégeons par des barrières,
des murs, des défenses. « Ces barrières protègent notre
vulnérabilité. » (Op. cit., p. 143)
Ø «Ces attirances et ces fuites sont la plupart du temps inconscientes, mais nous pouvons en prendre conscience, comme nous pouvons prendre conscience de notre respiration. Nous sommes tous plus ou moins mus et contrôlés par des instincts et des peurs jaillissant des blessures de notre enfance. Notre liberté réside dans le choix que nous faisons lorsque nous en prenons conscience » (Op. cit., p. 145)
Ø « Nos comportements sont en grande partie dictés par des compulsions – et des peurs qui sont comme leur revers. Il y a en chacun de nous ces besoins d’être reconnu et admiré, vu comme supérieur, unique, parfait (..) ; et la peur d’être abandonné, rejeté, la peur de l’échec, la peur d’être considéré comme incapable ou coupable. Être libre, c’est placer, la vérité et la justice au-delà de nos besoins instinctifs et de nos peurs. Il y a là un paradoxe : ces besoins font partie de nous ; ils sont nécessaires à notre croissance, mais nous devons apprendre à les gouverner au lieu de nous laisser gouverner par eux » (Op. cit., 149-150)
Ø Donc, face aux personnes qui nous renvoient une image négative de nous-mêmes, nous nous construisons des murs, des défenses. « Notre liberté réside dans le choix que nous faisons lorsque nous en prenons conscience » (Op. cit., p. 145)
Ø
Ariane Poulantzas : « Être libre ce n’est pas tant
s’abstraire de toute détermination que de percevoir les causes agissantes et "agir en connaissance de causes".
Être libre, ce n’est pas rejeter les déterminations mais, au contraire, les
comprendre, les intégrer. » (in Science et vie) Être libre, ce
n’est pas vouloir éliminer tous les déterminismes qui conditionnent mon
existence, mais les intégrer dans ma vie, les maîtriser, les conduire,
comme on conduit un cheval ou une voiture.
Ø
Pour illustrer la
liberté, face à nos conditionnements, Aristote prend l’image
du cheval : Notre corps, avec ses passions, son affectivité, son
psychisme, ses compulsions, sont comme un cheval. Quelque chose qui nous est
légèrement étranger, qui a sa vie propre. Un bon cavalier connaît les
caractéristiques de son cheval et arrive à le guider là où il veut aller. De même, il nous faut connaître les
caractéristiques de notre personnalité, avec tous ses conditionnements, pour
les ordonner au but que nous voulons atteindre. Selon Aristote, il ne faut ni essayer de les supprimer, ni en
devenir esclave ; il faut les orienter là où nous voulons aller. Autrement
dit, il ne faut pas les éliminer, ce serait comme éliminer les caractéristiques
du cheval, avec ses dons et ses richesses, il faut les apprivoiser. Et si le
cheval a été blessé, il faut le prendre d’autant plus délicatement, apprivoiser
peu à peu ses peurs.
Notre corps, notre
psychisme, nos passions, notre affectivité, nos conditionnements, sont comme un
cheval qui a sa vie propre. Ce cheval est au départ comme un cheval
sauvage. Nous devons petit à petit l’apprivoiser,
apprendre à le maîtriser, à le gouverner, pour le conduire là où nous le
voulons.
Ø Pour être libre, il ne nous faut pas combattre le cheval, mais le connaître, l’apprivoiser pour l’orienter et le conduire là où nous voulons. De même, il ne nous faut pas vouloir éliminer les déterminismes pour être libre, mais il faut les comprendre, les apprivoiser et les intégrer. De même que je fais avec les déterminismes physiques et biologiques, et que je ne peux pas les éliminer, et je que je peux être libre malgré ces déterminismes, je peux de même être libre malgré tous les autres déterminismes, dans la mesure où je les connais, et je les intègre.
Ø
La liberté pourrait être définie comme
une maîtrise de soi, de ses actes, de ses passions, de son affectivité, de ses
déterminismes ; une maîtrise
qui donne la capacité à un être humain de réaliser le bien sans entrave, selon
un choix conscient et éclairé, lui permettant ainsi d'accomplir sa nature la
plus profonde en devenant pleinement lui-même. La liberté est une harmonie
entre la raison, le cœur, l’affectivité,
la volonté et les passions humaines. Être libre, c’est agir en
conformité avec soi-même, avec son être profond.
Ø
La liberté chrétienne est le fruit de la libération
apportée par Jésus Christ, de l'Esprit créateur et libérateur qui délivre
l'être humain de tout ce qui l'aliène. Elle est un chemin pascal qui nous fait
passer avec le Christ de la servitude à la liberté. Le critère de la liberté
est l'amour, car il n’y a pas de liberté qui ne soit dépendante du prochain,
la liberté est faite pour aimer.
Ø
La liberté n'est pas un état accompli dès la naissance,
mais une capacité appelée à croître, à s'affiner, à construire. Elle permettant
à l'homme d’intégrer et de dépasser les conditionnements et déterminismes de
son existence. L'être humain doit apprendre à devenir libre.
Ø
La liberté chrétienne est un appel: L'être
humain est libre pour aimer, libre pour créer, libre pour construire un monde
de justice et de paix, libre pour faire croître la vie, libre pour libérer.
L'appel de l'homme à la liberté est une vocation à l'amour.
La liberté n'est
donc pas un arbitraire, un libertinage, une pure autodétermination, ou encore
une autarcie. Elle est affranchissement des tendances égoïstes de l'homme. Elle
libère les forces vives et créatrices de l'être humain. Elle est le fruit
de la libération apportée par Jésus Christ, de l'Esprit créateur et libérateur
qui délivre l'être humain de tout ce qui l'aliène. Le critère de la liberté est
l'amour, car il n’y a pas de liberté qui ne soit dépendante du prochain.
Maret Michel, Communauté du Cénacle au
Pré-de-Sauges